Statistiques canadiennes sur le cancer 2008 par la Société canadienne du cancer
By admin on May 11, 2008 in Research news recherche
MONTREAL, le 9 avril /CNW Telbec/ - Première cause de mortalité au
Québec, le cancer continue de progresser partout au Canada. Les nouvelles
statistiques canadiennes sur le cancer estiment qu’en 2008, au Québec, il y
aura 42 100 nouveaux cas de cancer (166 400 au Canada) et 19 700 décès
attribuables à cette maladie (73 800 au Canada). C’est 1 100 cas et 200 décès
de plus qu’en 2007 (6 500 cas et 1 100 décès au Canada).
Par ailleurs, pour la première fois, le livret des statistiques comporte
un volet spécial sur les enfants atteints du cancer, et ceci, de la naissance
jusqu’à l’âge de 14 ans. Tous les ans, environ 230 enfants québécois (un peu
plus de 850 au Canada), depuis la naissance jusqu’à l’âge de 14 ans,
contractent le cancer et près de 40 d’entre eux (environ 135 au Canada) en
meurent.
Le cancer chez les enfants
Fait encourageant, le rapport démontre que davantage d’enfants survivent
au cancer. Pour tous les cancers pédiatriques combinés, la survie au moins
cinq ans après le diagnostic s’élève aujourd’hui à 82 %, ce qui représente une
hausse de 11 % en 15 ans. Par contre, malgré sa rareté, parmi les enfants
canadiens âgés de plus d’un mois, le cancer est la principale cause de décès
par maladie.
“La survie d’un plus grand nombre d’enfants est une très bonne nouvelle,
a déclaré le Dr Gilles Pineau, vice-président de la Société canadienne du
cancer (SCC), Division du Québec. Cependant, il faut dire que plusieurs
survivants risquent un jour de subir des séquelles provoquées par le cancer ou
par son traitement. L’un des défis de premier plan pour la SCC et la
communauté scientifique consiste, au moyen de la recherche, à en apprendre
davantage au sujet de ces répercussions.”
En raison des faibles taux de survie associés aux cancers pédiatriques au
cours des décennies antérieures, peu d’études ont eu pour objet les effets à
long terme des traitements. Alors que les traitements évoluent, de nouvelles
recherches seront requises afin d’assurer une surveillance des répercussions à
long terme du cancer pédiatrique.
Selon les estimations, les deux tiers des survivants subissent au moins
un effet chronique ou une séquelle tardive à la suite du traitement
anticancéreux, dont au moins un tiers constitue une complication grave. Ces
enfants courent un risque accru d’être touchés par des complications sur le
plan de la santé physique et mentale, de même que par un cancer secondaire.
Les séquelles peuvent se manifester des mois, voire des années après la
fin du traitement. Les complications hormonales et métaboliques représentent
les séquelles les plus fréquentes chez les survivants d’un cancer pédiatrique
(par exemple, l’infertilité ou la puberté tardive). Leur capacité de réflexion
et de raisonnement peut aussi être affectée, ce qui peut entraîner des
difficultés d’ordre scolaire. Le dysfonctionnement de certains organes (tels
que le coeur, les poumons, l’estomac et les intestins) et un risque accru de
contracter un second type de cancer constituent d’autres séquelles possibles.
La recherche sur le cancer pédiatrique a mené à des progrès considérables
et plus particulièrement à la baisse des taux de mortalité ainsi qu’à la
hausse de la survie. Près de 80 % des enfants atteints du cancer participent à
un essai clinique ou sont pris en charge conformément à un protocole établi au
moyen d’un essai clinique.
“L’amélioration marquée de la survie au cancer chez les enfants a été
attribuée à plusieurs facteurs : meilleures procédures de diagnostic,
traitement amorcé rapidement, mise au point de traitements multimodaux et
centralisation des soins et des services de soutien, a précisé le Dr Pineau.
Ce modèle aurait avantage à être envisagé pour les adultes afin d’assurer
l’accessibilité de services intégrés pour les personnes touchées par le
cancer. Une meilleure synergie entre tous les acteurs du cancer est souhaitée
par la SCC afin d’éviter une crise du cancer au Québec et ailleurs au pays.”
Un taux de survie en hausse
Au Canada, le taux de survie relative à 5 ans est actuellement de 62 %.
“C’est très encourageant de voir que le taux de survie s’améliore, mais il
reste beaucoup à faire pour lutter contre cette terrible maladie”, a ajouté le
Dr Pineau.
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La SCC souhaite :
- la lutte continue contre le tabac (responsable de 30 % de tous les cas
de cancer et de 85 % des cas de cancer du poumon). 1,2 million de
Québécois fument toujours(2) - le projet de règlements comportant une
série de mesures renforçant les dispositions de la Loi sur le tabac au
Québec est un geste applaudi par la SCC. La SCC souhaite aussi voir
l’abolition complète de la publicité du tabac et travaille en ce sens
avec divers organismes québécois et nationaux;
- l’annonce d’un programme de dépistage organisé pour le cancer
colorectal (déjà en place dans plusieurs provinces canadiennes). Une
annonce imminente du ministère de la Santé et des Services sociaux est
attendue avec impatience(3);
- voir plus de Québécoises âgées de 50 à 69 ans participer au Programme
québécois de dépistage du cancer du sein (actuellement 52 % des
Québécoises de cet âge participent officiellement au programme)(4).
“La SCC souhaite de la part des gouvernements une démarche coordonnée et
globale de la prise en charge du cancer au Québec, a déclaré pour sa part Mme
Suzanne Dubois, directrice générale de la Société canadienne du cancer,
Division du Québec. Toutefois, la lutte contre le cancer doit se faire
collectivement. Nous pouvons tous ensemble prendre action! La SCC invite les
Québécois à devenir bénévoles, à faire des dons, à s’engager à faire des choix
santé et à faire pression auprès des instances gouvernementales pour
l’application de politiques de santé publique.”
Autres faits saillants des Statistiques canadiennes sur le cancer 2008 :
- Plus d’une personne sur trois - 40% des Canadiennes et 45 % des
Canadiens - développera un cancer au cours de sa vie. D’ici quelques
années, si la tendance se maintient, ce sera une personne sur deux qui
souffrira d’au moins un cancer au cours de sa vie.
- Environ 25 % des femmes et près de 29 % des hommes, soit environ
1 Canadien sur 4, mourront du cancer.
- Le cancer du poumon demeure la principale cause de décès par cancer,
aussi bien chez les femmes que chez les hommes : 6 300 au Québec :
2 700 femmes et 3 600 hommes, soit 31 % de tous les décès liés au
cancer du poumon au pays (20 200 décès au Canada : 9 200 femmes et
11 000 hommes). La survie relative de ce cancer demeure faible, soit à
15 % (en baisse de 1 % par rapport à l’an dernier).
- Chez les femmes, l’incidence du cancer du poumon et le taux de
mortalité attribuable à celui-ci ont augmenté depuis 1979, et cette
tendance se poursuit. C’est seulement au milieu des années 1980 que le
taux de tabagisme a connu une légère baisse chez les femmes. Ainsi, la
baisse du taux du cancer du poumon qui en découle n’est pas encore
observable.
- Le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué
chez les femmes canadiennes, toutefois la survie relative de ce cancer
s’établit désormais à 87 % (86 % en 2006).
- Le cancer de la prostate demeure le cancer le plus fréquemment
diagnostiqué chez les hommes canadiens. La survie de ce cancer est
aussi en hausse à 95 % (92 % en 2006).
- Le cancer colorectal constitue toujours la deuxième cause de mortalité
par cancer au pays.
Le document Statistiques canadiennes sur le cancer 2008 est préparé,
imprimé et distribué grâce à la collaboration de la Société canadienne du
cancer, de l’Agence de santé publique du Canada, de l’Institut national du
cancer du Canada, de Statistique Canada, des registres du cancer provinciaux
et territoriaux, de même que de chercheurs du milieu universitaire et du
milieu des agences du cancer provinciales et territoriales. Le rapport spécial
sur le cancer pédiatrique a été rédigé en partenariat avec le Réseau de
recherche en pédiatrie C17, un organisme qui regroupe 17 centres canadiens de
lutte contre le cancer chez les enfants.
La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à
caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et
l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour
en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre
Service d’information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au
1 888 939-3333.
Pour plus de renseignements sur les Statistiques canadiennes sur le cancer
2008, visitez le site Web de la Société au www.cancer.ca.
La catégorie “tous les cancers” exclut les nouveaux cas estimés de cancer
de la peau bénins autre que le mélanome (carcinomes basocellulaire et
squameux). Au Canada, ces cancers représentent la forme de cancer la plus
répandue et seront responsables de 73 000 cas cette année (environ 260 décès).
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(1) Le nombre de nouveaux cas de cancer et de décès attribuables au
cancer connaît une croissance soutenue compte tenu que la population
canadienne augmente et prend de l’âge.
(2) Chiffres émanant du rapport de Jolicoeur & associés, L’USAGE DU
TABAC,
LES HABITUDES DES FUMEURS ET L’OPINION DE LA POPULATION A L’EGARD DU
TABAC, automne 2007.
(3) Plus de 90 % des cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chez des
Canadiens de plus de 50 ans. Les données scientifiques estiment aussi
qu’on pourrait enregistrer une réduction d’environ 17 % du nombre de
décès par cancer colorectal si 70 % des Canadiens de 50 à 74 ans
passaient un test de recherche de sang occulte dans les selles tous
les deux ans.
(4) On estime que l’on pourrait réduire jusqu’à 25 % le nombre de décès
par cancer du sein si 70 % des Canadiennes de 50 à 69 ans passaient
une mammographie préventive tous les 2 ans.
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