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Recherche et cancer du sein

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 La lutte contre le cancer du sein est semée d’embûches. Au Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre, les chercheurs unissent leurs efforts pour gagner la bataille.
Par Hannah Hoag

 À la fin des années 1960, Kathy Pritchard était étudiante en médecine à l’Université Queen’s quand elle assista à une autopsie qui allait changer sa vie. La patiente avait été diagnostiquée d’un cancer du sein dix ans auparavant. Les traitements avaient permis de tenir la maladie en respect pendant neuf ans, mais elle était soudainement réapparue et avait eu raison de cette femme en quelques mois. « J’essayais de comprendre ce qui se passait, pourquoi certaines patientes s’en sortaient sans récidive et d’autres pas. Je me demandais quel facteur provoquait ces récidives et comment on pouvait agir sur ce facteur », nous confie la Dre Pritchard, chef de la Division des essais cliniques et de l’épidémiologie au Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre (SW).Aujourd’hui, la Dre Pritchard tient la barre d’un nouveau centre de recherche, le Breast Cancer Research Centre au SW. L’interdisciplinarité qui y est mise en œuvre a pour effet de rapprocher des patientes les chercheurs de laboratoire et experts en essais cliniques. En utilisant des techniques d’imagerie de pointe et des tests génétiques pour dépister le cancer du sein chez les groupes à haut risque, ces spécialistes veulent rendre les interventions moins invasives et les pronostics plus précis. « Nous visons une plus grande cohésion dans les soins et nous voulons faire en sorte que la recherche évolue d’une approche scientifique fondamentale à une approche clinique », fait valoir la Dre Pritchard.

Chaque année, un très grand nombre de femmes reçoivent un diagnostic de cancer du sein. On estime qu’en 2005, 21 600 Canadiennes recevront un tel diagnostic; parmi elles, 5 300 mourront de la maladie. Environ une Canadienne sur neuf sera victime d’un cancer du sein au cours de sa vie. La bonne nouvelle, c’est que les taux de mortalité sont en régression depuis les années 1950 grâce à un dépistage plus précoce, à la détection par mammographie et à l’amélioration des traitements.

Récemment, un chercheur du SW, le Dr Martin Yaffe a établi que la mammographie numérique était supérieure à la mammographie traditionnelle sur film pour le dépistage des tumeurs chez les femmes préménopausées de moins de 50 ans et chez celles qui ont des seins denses. Un autre chercheur, le Dr Don Plewes, travaille à la mise au point de techniques d’imagerie par résonance magnétique (RM) afin de dépister le cancer du sein chez les femmes qui présentent des mutations héréditaires des gènes BRCA1 ou BRCA2 et qui, de ce fait, sont plus à risque. « Ces femmes sont plus susceptibles de développer un cancer très jeune… et les méthodes traditionnelles de dépistage ne sont pas aussi efficaces pour elles », explique le Dr Plewes. De résultats récents démontrent que la RM est environ deux fois plus efficace que la mammographie traditionnelle ou les ultrasons pour détecter des tumeurs chez ce groupe de femmes.

L’imagerie est également mise à contribution afin d’améliorer la précision de la chirurgie du sein. Les chirurgiens font face à une grande difficulté : ils doivent retirer suffisamment de tissu pour éliminer le cancer, mais en conserver assez pour préserver l’intégrité du sein de la patiente. Grâce à une salle d’opération expérimentale, les Drs Yaffe et Plewes et la chirurgienne oncologue Claire Holloway utilisent des techniques d’imagerie pour délimiter le contour de la tumeur et guider la chirurgie. Les Drs Holloway et Yaffe travaillent également à la mise au point d’une technique d’imagerie 3D qui permettra aux chirurgiens de s’assurer qu’ils ont retiré la totalité des tissus cancéreux.La médecine entrant de plain-pied dans l’âge de la génomique, les chercheurs établissent de plus en plus un lien entre la constitution génétique d’une patiente et la probabilité de rétablissement. Arun Seth, chef du Centre de génomique au Research Institute du SW, se fonde sur la constitution génétique pour comprendre pourquoi une tumeur est susceptible de métastaser et déterminer les meilleurs traitements. Les pronostics sont plus justes quand on remplace les mesures classiques par le test génétique. « C’est un avantage pour la patiente », estime le Dr Seth.Même après un traitement réussi, de nombreuses femmes sont victimes d’une récidive de leur cancer du sein. C’est cette persistance de la maladie qui a d’abord attiré la Dre Pritchard dans ce champ de recherche et l’amène aujourd’hui à jouer un rôle de premier plan dans des essais cliniques qui, espère-t-elle, pourraient un jour permettre d’enrayer ce cancer. Elle a récemment codirigé un essai sur le létrozole qui a démontré que ce médicament pouvait réduire de plus de 40 % le risque de récidive chez les femmes préménopausées ayant pris du tamoxifène pendant cinq ans. Le nouveau centre a aménagé un espace pour les essais cliniques adjacent aux salles de consultation médicale.

« Comme ça, tout sera à proximité, précise la Dre Pritchard. Il s’agira d’un service centralisé pour toute nouvelle patiente. »

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