Les études d’IRM révèlent que les changements du cerveau adolescent affectent la cognition, l’émotion et le comportement.
Dans un éditorial d’accompagnement, Docteur Elizabeth R. McAnarney, du Département of Pediatrics au centre médical de l’University of Rochester, commente, « les neuroscientifiques ont finalement réussi à aller en dessous de la ‘… membrane rugueuse, entourée d’un fossé de liquide et complètement enveloppée par l’os…’ afin de fournir de nouvelles informations sur le développement du cerveau. Les changements du cerveau durant le développement de l’enfant et de l’adolescent étant documentés à travers d’exquises imageries par Giedd et d’autres, porte la promesse du développement d’hypothèses concernant les origines potentielles des comportements cliniquement observés durant des années… »
« La recherche de la nouveauté/sensation et la prise de risque, » poursuit le Dr. McAnarney, « est une base de croissance considérable durant l’adolescence, ainsi que de comportements extrêmes de la part de certains adolescents. La recherche de nouveauté/sensations et la prise de risque sont des sujets qui prennent de plus en plus d’intérêt au fur et à mesure que le développement du cerveau est mieux défini et que la morbidité due à la prise de risque des adolescents augmente…»
L’implication de notre connaissance croissante des mécanismes de comportement du cerveau chez les adolescents devrait nous fournir des données sur le risque de morbidité et de mortalité des conditions adolescentes. Les données préliminaires sont prometteuses et alors que nous commençons à comprendre la complexité et la spécificité de chacune de ces conditions, nous seront capables de les diagnostiquer et de les traiter plus tôt. »
Le Longitudinal Brain Project de
la NIMH débuta en 1989. Les participants visitentla NIMH à un intervalle de près de 2 ans afin de se soumettre à des imageries cérébrales, des évaluations comportementales et neuropsychologiques, ainsi que des prélèvements d’ADN. Depuis septembre 2007, près de 5000 scan ont été effectués sur 2000 sujets. Parmi ceux-ci, 387 sujets, âgés de 3 à 27 ans, s’avérèrent n’avoir aucune psychopathologie et servent comme modèles du développement typique du cerveau.Trois thèmes émergèrent de cette étude, ainsi que d’autres, durant cette nouvelle ère de neurosciences adolescentes. Le premier concerne les augmentations fonctionnelles et structurelles de la connectivite et le traitement intégratif, alors que les modules cérébraux distribués deviennent de plus en plus intégrés. En utilisant une métaphore littéraire, la maturation ne serait pas l’addition de nouvelles lettres, mais plutôt la combinaison de lettres précédemment formées en mots, puis ces derniers en phrases et les phrases en paragraphes.
Le second est un pattern général des pics de matière grise durant l’enfance (lobe frontal, lobe pariétal, lobe temporal et lobe occipital) puis de leur chute durant l’adolescence. Vu que des parties du cerveau sont surdéveloppées puis jetées, la structure du cerveau devient alors plus façonnée.
Le troisième thème est une balance changeante entre les fonctions du lobe frontal et limbique/sous-cortical qui s’étend jusqu’aux premières années de l’âge adulte alors que différents systèmes cognitifs et émotionnels mûrissent à différents niveaux. Les changements cognitifs et comportementaux ayant lieu durant l’adolescence pourraient être compris du point de vue du fonctionnement « exécutif » accru, un terme comprenant une large palette de capacités, dont l’attention, l’inhibition de la réaction, la régulation des émotions, l’organisation et la planification sur le long terme.
Source : Elsevier Health Sciences -
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