Le cancer du foie prend naissance dans les cellules, les canaux biliaires, les vaisseaux sanguins ou le tissu conjonctif du foie. D’autres types de cancer peuvent se propager au foie (on parle alors de métastases hépatiques).
On estime qu’en 2007, il y aura 1 350 nouveaux cas de cancer du foie au Canada.
Risques
Les facteurs de risque peuvent accroître la possibilité qu’une personne soit atteinte d’un cancer du foie. Les facteurs qui augmentent le risque de développer ce cancer comportent les suivants :
· infection au virus de l’hépatite B (VHB) ou au virus de l’hépatite C (VHC)
· aflatoxines (toxines provenant d’un champignon qui vivent dans le sol et poussent sur les aliments)
· consommation excessive d’alcool, généralement en causant une cirrhose
· cirrhose du foie (une forme de maladie du foie) qui survient à la suite de la consommation d’alcool ou d’une infection
Détection précoce
La détection précoce signifie qu’on a décelé un cancer ou une affection précancéreuse dès les premiers stades. Dans la plupart des cas, la détection précoce du cancer augmente les chances que le traitement réussisse.
Il n’y a pas de d’épreuve de dépistage pour le cancer du foie. Reconnaître les symptômes et subir périodiquement un examen médical sont donc les meilleurs moyens pour détecter précocement le cancer du foie. Plus les signes et les symptômes sont signalés tôt au médecin, plus rapidement le cancer sera diagnostiqué et traité.
Une personne qui a un risque plus élevé que la moyenne de développer un cancer du foie devrait discuter d’un plan personnalisé de dépistage avec son médecin. Celui-ci pourra lui suggérer de subir une analyse sanguine pour le marqueur tumoral appelé alpha-fœtoprotéine (AFP) et une échographie du foie.
Signes et symptômes
D’autres affections peuvent provoquer des signes et des symptômes semblables à ceux du cancer du foie et la présence de l’un de ces symptômes ne signifie donc pas nécessairement qu’une personne est atteinte de cancer. Il est important de voir un médecin dès l’apparition de symptômes, dont :
· masse située du côté droit du corps, juste au dessous de la cage thoracique
· douleur
à dans la partie supérieure droite de l’abdomen
à autour de l’omoplate droite
· perte d’appétit
· nausées
· perte de poids
· fatigue
Diagnostic
On réalise des épreuves diagnostiques lorsqu’il y a présence de signes et de symptômes d’un cancer du foie ou si le médecin soupçonne un tel cancer. Les épreuves peuvent comporter les suivantes :
· examen physique complet
· épreuves de laboratoire
· examens d’imagerie
· biopsie
Il est possible qu’on effectue des examens supplémentaires tels que radiographies, échographies et tomodensitométries, afin d’évaluer le stade de la maladie (jusqu’où elle a progressé).
Pathologie et stadification
Une fois qu’on a diagnostiqué un cancer du foie, on réalise d’autres examens afin de déterminer :
· le type de cancer du foie
à la forme la plus courante de cancer du foie (carcinome hépatocellulaire) représente plus de 90 % des tumeurs au foie
· le stade du cancer (jusqu’où il a progressé)
à le stade est fondé sur la taille de la tumeur, l’atteinte possible des ganglions lymphatiques et la propagation du cancer à d’autres régions du corps
· le degré de malignité, ou grade, de la tumeur (la rapidité avec laquelle les cellules cancéreuses se développent ou à quel point elles apparaissent anormales)
Certains des emplacements où le cancer se propage le plus souvent sont notamment :
· veine porte (qui transporte le sang du système digestif au foie)
· veines hépatiques (qui drainent le sang du foie)
· ganglions lymphatiques régionaux
· diaphragme
D’autres types de cancers peuvent se propager au foie. Dans ce cas, le cancer n’est pas considéré comme un cancer du foie. Il s’agit plutôt d’une métastase du cancer d’origine, ou cancer primitif, au foie.
Le pronostic d’une personne dépend des facteurs suivants :
· grade de la tumeur (différences dans l’apparence et la fonction des cellules cancéreuses en comparaison des cellules normales)
· taille de la tumeur
· stade de la tumeur
· présence d’une maladie hépatique sous-jacente
Traitement
Chaque personne atteinte d’un cancer du foie aura un plan de traitement personnalisé établi par son équipe soignante. Celle-ci recommandera des options thérapeutiques basées sur les caractères spécifiques du cancer et sur les besoins particuliers de la personne atteinte. Un plan de traitement du cancer du foie peut comporter l’une ou plusieurs des options suivantes :
· chirurgie
à hépatectomie partielle – une partie du foie est retirée
à ablation par laparoscopie – les petites tumeurs à la surface du foie sont retirées
à hépatectomie totale et greffe de foie – tout le foie est retiré et remplacé par celui d’un donneur
· cryochirurgie
à consiste à congeler les cellules cancéreuses afin de les détruire
à peut être envisagée pour le traitement des tumeurs qui ne peuvent être retirées par la chirurgie
· ablation par radiofréquence
à consiste à détruire les cellules cancéreuses au moyen d’un courant électrique de haute fréquence
à peut être envisagée pour le traitement des tumeurs qui ne peuvent être retirées par la chirurgie
· injection percutanée
à consiste à injecter une substance dans la tumeur afin de détruire les cellules cancéreuses
· chimiothérapie
à généralement au moyen de la doxorubicine ou d’associations de médicaments qui incluent la doxorubicine
à méthodes utilisées pour administrer la chimiothérapie :
- systémique (atteint le corps entier)
- régionale (atteint une partie spécifique du corps)
- par chimioembolisation (bloque l’apport nutritif sanguin à la tumeur et livre ensuite la chimiothérapie directement dans la masse tumorale)
· radiothérapie
à parfois utilisée pour soulager la douleur et maîtriser les symptômes d’un cancer du foie au stade avancé
Soins de soutien
Un diagnostic de cancer peut engendrer de nombreux défis pour la personne atteinte et sa famille. Chaque personne vivra une expérience différente puisque le cancer, son traitement et la convalescence diffèrent pour chacune. Une personne atteinte d’un cancer du foie pourra éprouver certaines inquiétudes en regard du suivi, une fois le traitement terminé. Le suivi peut comporter :
· consultations médicales, en général tous les 2 à 3 mois après le traitement initial
· antécédents médicaux, afin d’évaluer les effets du traitement et comment la personne réagit face à la maladie
· examen physique, afin de vérifier s’il y a présence d’ascite ou de jaunisse
· analyses ou examens
à tomodensitométrie qui peut être effectuée aux 2 ou 3 mois durant la première année
à analyses sanguines, généralement toutes les visites