L’Académie nationale de médecine recommande d’abaisser l’âge de la vaccination contre le cancer du col de l’utérus, de 14 ans à 11-12 ans, selon le professeur Pierre Bégué coordonnateur d’un rapport à ce sujet.
La vaccination est recommandée en France aux jeunes filles de 14 ans, avec prise en charge de la Sécurité sociale à 65%.
“L’académie est favorable à une vaccination intervenant plus tôt, à 11-12 ans pour plus d’efficacité, en prenant en compte notamment la durée de protection du vaccin, évaluée actuellement à cinq ans”, a expliqué mardi le Pr Bégué, membre de l’académie, instance conseillère des pouvoirs publics.
“Il est plus facile de vacciner à ces âges”, relève-t-il en soulignant que cette “vaccination plus précoce favorise une efficacité vaccinale maximale (proche de 100%)”.
Selon le rapport, le non remboursement du vaccin avant 14 ans devrait être revu.
L’académie estime de surcroît que “la vaccination de rattrapage” des femmes de 15-23 ans “est d’une efficacité nettement moindre”, une part importante d’entre elles ayant eu déjà des rapports sexuels, comme en témoignent les essais vaccinaux publiés.
Ce vaccin préventif est censé intervenir avant les premiers rapports sexuels, c’est-à-dire le risque d’infection par les papillomavirus (HPV) impliqués dans la survenue du cancer du col de l’utérus.
La vaccination “ne se substitue pas au dépistage” de ce cancer par frottis, avait tenu à souligner le Haut conseil de la santé publique (HCSP). L’académie lui emboîte le pas sur ce point. D’autant que “la vaccination ne protège que contre 70% des virus en cause dans ce cancer”, renchérit le Pr Bégué.
“C’est la première fois que l’on se trouve dans une double situation de prévention et de dépistage”, dit-il.
Le rapport de l’académie préconise de surveiller l’épidémiologie et des études complémentaires sur le rapport coût-efficacité de cette vaccination (compte tenu de la conduite simultanée du dépistage du cancer du col et de la vaccination), et sur la durée de protection vaccinale, pour répondre notamment à la question en suspens de la périodicité des rappels.
Egalement à surveiller, l’évolution de l’âge des premiers rapports en France, qui sert de critère pour l’indication de l’âge optimal pour la vaccination des filles, et d’éventuels changements des virus HPV en cause.
L’information ne doit pas amoindrir non plus les messages de protection vis-à-vis des autres infections sexuellement transmissibles, en particulier l’infection par le virus du sida (VIH).