CANCER ASCO 2008 : traiter efficacement certains cancers du sein sans chimiothérapie
By admin on Jul 9, 2008 in Breast cancer du sein
Traiter un cancer du sein sans avoir recours à une chimiothérapie classique, utiliser pour cela un médicament destiné à renforcer les os et ne presque pas avoir de rechutes, tel est le résultat d’une étude-événement présentée cette fin de semaine à Chicago.
C’est une équipe autrichienne conduite par le Dr Michael Gnant qui a réussi à changer la vie de quelques centaines d’autrichiennes atteintes d’un cancer du sein.
Ces femmes n’étaient pas ménopausées et avaient un cancer du sein allant d’une tumeur inférieure à deux centimètres pour les moins atteintes à une masse pouvant atteindre cinq centimètres ou un envahissement de moins de dix ganglions pour les plus touchées. Les cellules cancéreuses portaient des récepteurs indiquant leur sensibilité aux hormones femelles.
Pour entrer dans l’étude, elles ne devaient pas avoir de métastases.
Ces femmes ont été opérées puis ont reçu une injection d’une substance appelée agoniste de la LHRH qui provoque une castration chimique.
Elles ont également reçu un médicament capable de bloquer la production d’hormones, les œstrogènes. C’était soit du tamoxifene, soit de l’anastrazole, substance de la famille des anti-aromatases.
Mais ce n’est pas tout, puisque c’est un autre médicament qui a crée l’événement.
Cette molécule c’est le zoledronate, utilisé habituellement par voie injectable pour traiter des atteintes osseuses graves, secondaires à des métastases par exemple. Il appartient à la famille des biphosphonates.
Sur les 1803 femmes incluses dans l’étude, 899 ont reçu ainsi une perfusion de zoledronate tous les six mois. Pour les 904 autres, il n’y a pas eu d’injection.
Après trois ans de traitement et cinq années de suivi, les médecins autrichiens ont constaté que la période de temps entre la mise sous traitement et l’apparition d’une rechute ou d’une métastase était la même selon que les femmes aient reçu de l’anastrazole ou du tamoxifene.
En revanche, l’histoire était toute différente selon que les femmes aient bénéficié ou non de la perfusion bisannuelle de zoledronate.
Dans le groupe ainsi traité on a constaté beaucoup moins d’événements défavorables, très exactement 34,7 %, que dans le groupe n’ayant pas eu le biphosphonate.
Ces événements allaient de la survenue d’un cancer sur l’autre sein à une extension du premier cancer dans les ganglions de l’aisselle ou bien encore une localisation du cancer à distance et, bien sûr le décès.
Pourquoi ces résultats intriguent-ils les spécialistes ? Parce qu’on se trouve face à un produit dont le lieu d’action est théoriquement l’os. Or, dans cette étude, le zoledronate a joué un rôle dans des phénomènes sans lien direct avec les os.
Cette molécule a montré, en fait, une action visant à bloquer le développement des tumeurs. On suppose que cette famille de produits peut freiner la croissance des cellules cancéreuses et les empêcher d’adhérer les unes aux autres. On estime également que les biphosphonates empêchent les vaisseaux sanguins d’envoyer des ramifications vers les tumeurs pour les abreuver.
Les résultats de cette étude autrichienne viennent donc conforter ces hypothèses.
Mais, pour autant, il ne faut pas penser qu’on tient là une panacée. Les biphosphonates ne sont pas des produits simples à manier et certains de leurs effets secondaires peuvent être très graves.
Il faudra donc attendre que d’autres travaux confirment ces premiers résultats néanmoins très encourageants car, après cinq ans de suivi, 94 % des femmes n’ont eu aucune rechute ou aggravation et, surtout, 98,2 % sont toujours en vie.
Tout cela, faut-il le rappeler, sans les désagréments et effets toxiques de la chimiothérapie
Post a Comment