Affronter le cancer de son enfant
By admin on Mar 13, 2008 in Autres Articles
Faire face à un diagnostic de cancer chez votre enfant n’est jamais facile, c’est même le cauchemar de plusieurs parents.
Les premières réactions
Le fait d’avoir un enfant atteint de cancer peut faire naître chez vous des émotions de toutes sortes. Souvent, les parents vont avoir le réflexe de nier la maladie (c’est-à-dire qu’ils refuseront de croire que leur enfant puisse avoir le cancer), ou éprouveront des sentiments de culpabilité, de tristesse, de peur, de confusion, de colère même. Ils pourront également avoir l’impression d’avoir perdu tout pouvoir de décision en ce qui concerne leur enfant. Ces sentiments sont tout à fait légitimes. Lorsque son propre enfant a le cancer, on souhaite plus que tout au monde le délivrer de la maladie. Malheureusement, cela n’est pas en votre pouvoir et vous vous sentez impuissant. La colère et la culpabilité, entre autres, sont des sentiments qui influencent la façon de réagir au diagnostic.
Comprendre les faits lorsqu’on est en état de choc
La première fois que le médecin vous expliquera la maladie de votre enfant et vous décrira le protocole de traitement, il se peut que vous vous sentiez complètement paralysé, confus ou bouleversé. Il sera alors difficile pour vous de bien saisir tout ce que vous dit le médecin.
Tout cela est très normal. Dites-vous bien que votre médecin peut expliquer les choses plus d’une fois. Vous ne devriez pas vous sentir mal à l’aise ou gêné de poser ou même de répéter des questions au sujet de la maladie de votre enfant et de son traitement. C’est à vous qu’il appartient, avec l’aide du médecin et de l’équipe soignante, de prendre certaines décisions qui auront un impact sur l’avenir de votre enfant. S’il y a des choses que vous ne comprenez pas bien, il est donc très important que vous demandiez des explications au médecin ou à l’infirmière. Dans les cliniques de traitement ou dans les bureaux de la Société canadienne du cancer, vous pourrez obtenir de la documentation expliquant ce qu’est le cancer et en quoi consistent les différents traitements. Si vous éprouvez de la difficulté à tout comprendre ce que vous dit le médecin, ces brochures vous permettront de vous renseigner à votre propre rythme. Nous vous suggérons également de dresser une liste de questions que vous pourrez poser au médecin lors du rendez-vous suivant.
Votre première réaction peut affecter votre enfant
Le fait d’apprendre que votre enfant est atteint de cancer fait naître chez vous des émotions très intenses; au même moment, votre enfant a énormément besoin de votre soutien. Or, les enfants savent généralement très bien reconnaître les sentiments qu’éprouvent leurs parents, et cette fois-ci ne fera pas exception.
• Si vous exprimez vos sentiments trop vivement, vous risquez d’accentuer la peur et les inquiétudes de votre enfant.
• D’un autre côté, si vous n’exprimez PAS vos sentiments et ne parlez pas de la maladie, votre enfant pourrait avoir le réflexe de cacher ses propres émotions afin de vous protéger. Dans ce cas, votre enfant ne se sentira peut-être pas à l’aise de vous parler, et vous n’aurez peut-être pas non plus l’occasion de l’épauler au moment où il a le plus besoin de votre appui. Si vous ne parlez pas ouvertement et franchement avec votre enfant, ce dernier risque de s’imaginer que la situation est beaucoup plus grave qu’elle ne l’est en réalité.
Devriez-vous demander l’avis d’un autre médecin?
Les parents souhaitent parfois obtenir l’opinion d’un second médecin sur le cas de leur enfant. Votre médecin ou la clinique de traitement peut vous en suggérer un; vous préférerez peut-être demander à quelqu’un d’autre de vous fournir le nom d’un autre médecin. Un deuxième avis médical peut s’avérer utile pour confirmer le diagnostic ainsi que le traitement prévu; il peut également proposer une approche différente au traitement. Deux avis semblables confirmeront l’exactitude du diagnostic. Le fait de demander des avis supplémentaires ne ferait que retarder inutilement le début du traitement.
Accepter la maladie
Avec le temps, vous accepterez le fait que votre enfant a le cancer. C’est à ce moment seulement que vous pourrez venir à bout des sentiments qui vous habitent, comme la colère ou la culpabilité.
La colère
Il est légitime de se sentir en colère lorsqu’on apprend que son enfant souffre de cancer. Il se peut que vous éprouviez de la colère envers Dieu, vous-même, le médecin, ou même envers votre enfant. Il se peut aussi que vous vous empêchiez d’exprimer cette colère, ou que vous la dirigiez contre votre conjoint ou contre vos autres enfants.
Vous pourriez avoir de fréquentes sautes d’humeur. Il est parfois utile de se laisser aller à sa colère, mais n’oubliez pas que les autres membres de votre famille peuvent eux aussi ressentir les mêmes émotions et que vos rapports risquent d’être complètement bouleversés. N’hésitez pas à parler avec votre famille, avec les membres de l’équipe soignante ou avec d’autres personnes qui peuvent vous apporter de l’aide.
Culpabilité
Vous pourriez aussi vous sentir coupable de ce qui arrive à votre enfant, et penser qu’il s’agit là d’une sorte de punition pour des erreurs que vous auriez pu commettre en tant que parent. De là à croire que vous avez en quelque sorte causé la maladie, il n’y a qu’un pas.
Souvent, une telle réaction correspond au désir de trouver une explication au cancer. Dites-vous que vous n’avez pas à vous sentir coupable. En effet, les recherches indiquent que rien qu’on puisse faire, ou ne pas faire, ne peut causer le cancer chez un enfant.
L’inquiétude liée aux délais de diagnostic
Les parents s’inquiètent souvent en se demandant si le cancer de leur enfant n’a pas été diagnostiqué trop tard. Ils ont alors tendance à penser que c’est de leur propre faute, ou alors ils blâment le médecin. Il est normal de vouloir connaître le moment précis où le cancer de votre enfant a commencé, mais en même temps, il est extrêmement difficile de le savoir exactement.
Ce qui rend le cancer difficile à diagnostiquer chez l’enfant, c’est que les premiers symptômes sont souvent très semblables à ceux d’autres maladies infantiles. Les études scientifiques ont établi que dans la plupart des cas de cancer chez l’enfant, les chances de succès dépendent du type de cancer et du choix du traitement approprié, plutôt que de la précocité du diagnostic.
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